INNOVATION La start-up propose aux PME une application de géolocalisation en temps réel via le téléphone mobile pour une optimisation de la gestion du personnel itinérant
« Savez-vous où sont vos employés mobiles en ce moment ? Nous, si ! » Le message commercial et savamment aguicheur. Et clair.
Au départ, l'idée était de diffuser cette technologie au grand public. Pour savoir en temps réel où se trouvent sa famille, ses amis. Mais, très vite, le marché des TPE et PME s'est imposé. « Notre technologie PromapMe permet de localiser en temps réel un employé, de suivre ses déplacements, d'optimiser des itinéraires, de réagir efficacement en envoyant l'employé le plus proche en cas d'urgence, de renseigner un client qui ne voit pas un livreur arriver… », souligne Philippe Ravix.
Premier client à avoir choisi cette solution, une société niçoise de coursiers, en octobre dernier. Suivront une dizaine d’autres. Des entreprises de transport, des sociétés employant des commerciaux, même un collectif d’infirmières libérales.
Ce qui les a séduits ? La simplicité d'utilisation et de mise en route. L'application est lancée sur le téléphone professionnel de l'employé via un simple SMS. Et l'employeur, avec ses codes identifiants accède rapidement à son espace sur Internet. Il y découvre sur une carte la position de ses employés, s'ils sont en mouvement ou à l'arrêt. Il peut aménager les plages horaires durant lesquelles le système sera activé en fonction de l'emploi du temps de son personnel.
Le coût aussi est attractif : entre 13 et 18 € par employé/téléphone par mois. Se pose cependant la question éthique d’un pistage si performant.
Une réserve à laquelle Philippe Ravix est évidemment habitué : « Dès le début, nous nous sommes interrogés. Mais l'utilisation de notre application est encadrée. L'employeur doit obtenir une autorisation de la CNIL [commission nationale de l'informatique et des libertés] en justifiant ses besoins. S’il s'agit juste de surveillance, il ne l'obtiendra pas. Par ailleurs, l'employeur se doit d'informer dans le détail ses salariés, d'expliquer comment arrêter le système, à quels horaires et va fonctionner. Il faut la transparence la plus complète. Et, bien sûr, le système ne peut s'appliquer que sur un appareil à usage professionnel ».
Aujourd'hui, PromapMe ne peut être installé que sur BlackBerry et les appareils utilisant le système Androïde. Mais l'équipe planche pour une adaptation prochaine sur IPhone et Windowsphone. Autre axe de développement, la génération de rapports avec les données collectées. Également, un travail sur l'intérêt sécuritaire de la technologie. Notamment en cas de déplacement de personnel dans des zones à risques à l'étranger, « Nos tests se sont révélés positifs sur 84 réseaux opérateurs de 29 pays, cet aspect peut être développé facilement ».
De nombreux projets à l'aube de la sortie prochaine de la période d'incubation.
Et des atouts certains pour une nécessaire levée de fonds dans les mois à venir.
FLORENCE BUADES
Sophia@nicematin.fr